Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 22:21

 

http://www.strada-dici.com

Article Lucien Soyère paru sur le journal STRADA

Ça a l’air tout simple comme ça. Les genoux un peu pliés, une rotation du bassin avec un léger déhanché et une large rotation des bras en arc de cercle et le tour est joué. Et bien détrompez vous. Faucher à la faulx c’est tout un art, un art que l’association des faucheurs à la faulx transmet tous les ans au printemps.

En premier lieu, il faut préparer sa lame, c’est à dire battre sa faulx. Cette opération appelée écrouissage consiste à affiner le fil de la lame pour un meilleur tranchant ; simultanément on durcit le fer. On frappe, on martèle la faulx sur l’enclumette fichée dans le sol avec un marteau spécialement conçu, à face bombée.

Ensuite, on adapte son outil à sa morphologie. La longueur du manche se calcule en fonction de la taille de chacun et la faux étant posée verticalement au sol, la poignée centrale doit se situer à hauteur de la partie supérieure du bassin. La lame est positionnée sur le manche et un dispositif permet d’en régler l’angle ; l’angle sera d’autant plus fermé que l’herbe est dure.

L’art de la faulx, c’est également avoir le bon geste, la bonne position. Les pieds biens campés, positionner sa faulx pour avoir le bon angle de coupe, le talon de l’outil toujours en appui sur le sol.

C’est savoir refaire le fil de la lame avec la pierre à affuter, pierre que l’on porte toujours sur soi dans un étui rempli d’eau vinaigrée, fixé à la ceinture, un coffin qui peut être en bois, en corne, en métal et même en plastique.

Lorsque toutes ces conditions sont réunies, on entend ce bruit de la daïe qui glisse sur l’herbe et la coupe dans ce chuintement caractéristique qui faisait dire aux anciens  « elle chante bien  » et ils étaient fiers, fiers comme un mécanicien qui entend ronronner le moteur qu’il vient de régler.

« Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ
Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant
Noir squelette laissant passer le crépuscule »
Victor Hugo, les contemplations

A Pont Salomon, la faulx n’est ni symbole de la mort ni de révolte paysanne. La faulx est synonyme de fête et tous les étés les faucheurs se réunissent le dernier dimanche de juin pour une journée festive. Il faut les voir, tous ces faucheurs bien campés sur leurs jambes, décrire avec une apparente lenteur de larges mouvements des bras d’une régularité de métronome. Et quand ils sont en équipe de 2, de 3 voire de 4, c’est un un véritable ballet lorsque les faulx, tels les archets d’un ensemble de violons, sont totalement synchronisées.Tous ces faucheurs jeunes ou moins jeunes se retrouvent pour l’échange, pour le plaisir du geste, pour la fierté d’un andain régulier, d’une coupe impeccable.

Un peu de vocabulaire
Daïe : nom patois de la faulx
Coffin : en bois, en corne ou en métal, le coffin est un étui dans lequel on met la pierre à aiguiser, généralement rempli d’eau vinaigrée et maintenu à la taille.
Andain : bande de foin laissée en tas au fur et à mesure du passage de la faulx

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Lucien Soyère - dans Culture
commenter cet article

Présentation

  • : Les faucheurs à la faulx du Velay
  • Les faucheurs à la faulx du Velay
  • : Notre association à pour but de faire revivre les gestes du faucheur d'antan. Les bénévoles de l'association organisent la Fête de la faulx et de la forge à Pont Salomon en fin juin. Dès le printemps elle organise des journées d'initiation au fauchage à la faulx. Elle participe à d'autres rencontre de fauchage en France et en Europe
  • Contact

Texte Libre

Recherche

fabrique de faulx opération de platinage

img FABRICATION140